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Comme bien souvent lorsqu'ils sont confrontés à l’inconnu, dans un réflexe humain — trop humain ? —, de nombreux auront rectifié en vouloir ce mot tombé dans la désuétude.

D’autres, se rattachant à ce qu’ils croient connaître, et surtout à leur inclination à la beuverie, extrapoleront un lien avec soûler, un autre réflexe humain, — trop humain ?

L’esprit libéré de ces corsets de l’insolence intellectuelle, à l’instar de votre serviteur — miaou ! —, prendra la peine de vérifier dans, non pas un, mais plusieurs dictionnaires. Voyons donc ce qu’en disent les mentors lexicologiques :

Le Trésor (de la langue française, pour les incultes) :

souloir, verbe intrans.
Vx. Avoir coutume, avoir l'habitude de. [Le bon peuple de Saint-Louis] regrettera toujours la tombe de quelques messieurs de Montmorency, sur laquelle il souloit de se mettre à genoux durant la messe (CHATEAUBR., Génie, t. 2, 1803, p. 23).
Rem. 1. Selon LITTRÉ: ,,Chateaubriand a dit à tort: « il soulait de...; l'ancien usage ne mettait pas de »``. 2. Dès le déb. du XVIIe s., ce verbe ne s'employait plus guère qu'à l'imparfait.

 

Puisque le Trésor cite Littré :

Littré :

souloir

(sou-loir) v. n.

  • Terme vieilli dont il ne reste que l'imparfait, à peine encore usité quelquefois. Avoir coutume.

Quel soin.... Fait que je ne suis plus ce que je soulais être ? [Régnier, Dial.]

En grande estime il soulait être, [Scarron, Poés. div. Œuv. t. VII, p. 21, dans POUGENS]

Quant à son temps.... Deux parts en fit, dont il soulait passer L'une à dormir et l'autre à ne rien faire, [La Fontaine, Épît.]

L'usage a préféré dans les verbes.... Être accoutumé à souloir, [La Bruyère, De quelques usages.]

E [le peuple de saint Louis] regrettera toujours la tombe de quelques messieurs de Montmorency, sur laquelle il soulait de se mettre à genoux durant la messe, [Chateaubriand, Génie, III, 1, 8]

REMARQUE

1. Souloir est une des plus grandes pertes que la langue ait faites ; car combien avoir coutume, dont on est obligé de se servir, est lourd et incommode !

2. Chateaubriand a dit à tort : Il soulait de... ; l'ancien usage ne mettait pas de.

   

          L’article dédié dans le Grand Robert ne nous apprendra rien de plus, beaucoup trop succinct :

souloir[sulwaʀ]v. intr.

ÉTYM. V.980, solt, troisième pers. indic.présent ; subsiste encore au XVIIà l'imparfait soulais ; dulat. solere.

Vx.Avoircoutumede…,l'habitudede…(→ Dormir,cit. 3).

 

Le renvoi à l’article de dormir débouche sur la citation de La Fontaine déjà citée ci-haut par Littré.

 

Quant à l’Académie française, nous devrons remonter à la 6e édition pour voir le mot référencé une dernière fois dans son Dictionnaire :

SOULOIR. v. n. (Page 2:766)

SOULOIR. v. n. Avoir coutume. Il soulait dire. Il soulait faire. Il est vieux, et ne s'est guère dit qu'à l'imparfait.

                       Que le mot soit vieux, tous en conviennent, cependant, nous auront noté le côté radical de l’Académie : « ne s’est guère dit qu’à l’imparfait ». Les Immortels n’auront pas dû lire tous les exemples cités par Littré, que vous pourrez aller consulter vous-mêmes. Comme si j’allais vous mâcher tout le travail – miaou !

                    Enfin, en tant que chat éclairé, je me rallierai à la remarque de Littré : quelle perte pour la langue ! Mais ne vous inquiétez pas, Chantal se fera un devoir de ressusciter ce beau verbe – miaou ! (« hé-hé » pour ceux qui ignorent le langage pourtant simple des félins)

 

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