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D’après les travaux d’Étienne Brunet, les Rougon-Macquart. Aspects quantitatifs (extrait de la Revue Informatique et Statistique dans les Sciences humaines — XXI, 1 à 4, 1985. C.I.P.L. - Université de Liège), on recense 3750 hapax chez Zola. Si vous avez bien lu le titre ainsi que mon article traitant de la définition de l’hapax, vous comprendrez qu’il s’agit des vocables que Zola utilise une et une seule fois dans sa fresque sociale. Toujours selon les mêmes travaux, 167 d’entre eux seulement se retrouvent parmi les 21193 hapax répertoriés dans le Trésor de la langue française. Ne disposant pas du matériel adéquat, je n’ai pas vérifié – miaou ! Cependant, pour les flâneurs qui ont un penchant pour les mots inutiles ou les clowns qui aiment à se rendre intéressants lors de soirées entre amis, en voici deux que mes yeux de lynx ont relevés. D’autres suivront, à savoir que nous nous limiterons aux mots employés dans la narration normale, sans considération pour ceux relevant des domaines spécifiques que Zola s'est (com)plu à décrire de long en large sous couvert d'être naturaliste.

 

  1. saut-de-loup, au pluriel, la Faute de l’abbé Mouret, chapitre VII, p.1249, les Rougon-Macquart, éd. Pléiade.

 

« Le cabriolet passa devant une grille seigneuriale, toute saignante de rouille, garnie à l’intérieur de planches maçonnées. Les sauts-de-loup étaient noirs de ronces. À une centaine de mètres, le pavillon habité par Jeanbernat se trouvait enclavé dans le parc, sur lequel une de ses façades donnait. »

 

Un saut de loup est un large fossé (qu’un loup peinerait à franchir) creusé à l’extrémité d’un parc, d’un jardin ou d’une propriété et destiné à en protéger l’accès. Pour les rares attentifs, vous avez remarqué que le mot peut s’écrire sans tirets. Une remarque intéressante dans la mesure où cette graphie n’est pas retenue par le Petit ni le Grand Robert, au contraire du Dictionnaire de l’Académie française et du Littré qui ne mentionnent nullement celle avec les tirets (il faut d'ailleurs aller chercher le mot à saut, ce qui a le mérite de sembler cohérent). Enfin, seul le TLF recense les deux orthographes. Il est intéressant de noter le choix des deux plus vieilles références, sachant la date de publication de la Faute de l'abbé Mouret.

 

  1. processif, la Curée, chapitre II, p.371, les Rougon-Macquart, éd. Pléiade.

 

« Si Mme Sidonie ne faisait pas fortune, c'était qu'elle travaillait souvent par amour de l'art. Aimant la procédure, oubliant ses affaires pour celles des autres, elle se laissait dévorer par les huissiers, ce qui, d’ailleurs, lui procurait des jouissances que connaissent seuls les gens processifs. »

 

Pour les futés qui ont ouvert le dictionnaire, il ne s’agit évidemment pas du terme de psychiatrie qui n’est apparu qu’au début du XXe siècle et encore moins, nom d'un petit Gros Minet ! de l’homonyme issu de l’anglais et qui ressortit au jargon de l’économie politique !

Nous nous contenterons du terme dans son emploi que les Robert jugent vieilli ; le mot désigne ainsi une personne qui aime à intenter des procès ou à les prolonger.

 

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