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Il m’arrive parfois, une griffe sur la souris, d’errer ci et là sur les sites et les blogues de gribouilleurs amateurs ou professionnels. Force est de constater que d’aucuns prétendent composer des alexandrins sans savoir de quoi ils parlent, miaou ! Il existe pourtant d’excellents traités de versification classique disponibles sur Internet et ce, gratuitement. Encore faudrait-il savoir lire — je ne condescends à aucun mépris, je prétends juste que les règles de versification classique ne présentent aucune difficulté à être retenues d’autant moins que leur nombre est limité. Seule leur application s’avère périlleuse : cela exige un travail autre que de jeter des mots avec une connaissance approximative, heureux d’avoir fait rimer manger avec aimer, c’est-à-dire une assonance, en aucun cas une rime. Moi ? Prétentieux ? Théodore de Bainville se montre beaucoup plus sévère dans son Petit Traité de Poésie Française :

(…) Et l’outil que nous avons à notre disposition est si bon, qu’un imbécile même, peut, en s’appliquant, faire de bons vers. Notre outil, c’est la versification du seizième siècle, perfectionnée par les grands poëtes du dix-neuvième…

Entre nous, il n’a pas tort : si Chvéïk y arrive…

Je me souviens d’un site, où chaton, je publiais quelques textes, miaou. Un jour, une dame, sans remettre en cause sa bonne foi, m’a commenté de manière élogieuse, admirative devant la qualité de mon sonnet. Mon infaillible instinct de félin me forçant à la méfiance, avant de ronronner, j’ai été lire d’autres interventions : chaque fois qu’elle rencontrait un texte découpé en quatre strophes — deux quatrains et deux tercets — elle parlait de sonnet. Si c’était aussi simple…

Je ne blâme pas cette dame sincère ; je ne blâme que ceux qui écrivent quatorze lignes au pif convaincus de rédiger des vers, auxquels ils apposent prétentieusement sonnet, entretenant ainsi une confusion imbécile. Si vous avez lu Chvéïk, vous verrez que même lui, aussi niais et ronflant s’affiche-t-il, ne s’est pas permis de désigner de la sorte tous ses quatorzains.

J’admets que d’autres ne se réclamaient de rien, qu’ils s’appliquaient à quelques formalisations sans prétention aucune. Mais à quoi bon construire un texte à moitié classique ? Autant s’appliquer à écrire des vers libres ! En poésie, je m’interroge toujours sur ce milieu pas trop contraignant, pas trop libre, indicateur, pour moi, d'une hésitation gorgée d’ignorance. Un paragraphe de quatre petits groupes syntaxiques ressemble à une strophe de quatre vers, mais depuis quand un navet blanc, aussi blanc fût-il, vaut-il de l’or blanc ? Miaou, consterné. Dans cette France où la satisfaction se repaît des apparences, même en versification, nous sombrons dans la superficialité. Autant slamer ou, pis, rapper !

Je n’aspire pas, ici, à vous présenter un traité de poésie, non, d’autres meilleurs que moi y ont dédié leur intelligence, miaou ; je me contenterai d’aborder quelques notions afin que le simple profane puisse mieux apprécier la poésie dite classique. En relisant Racine, à l’admiration ressentie devant le sens, se joindra peut-être ainsi l’admiration d’être en présence d’une certaine perfection.

 

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Tag(s) : #Versifier avec MM

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