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Traduction des répliques du petit ami de Chantal, chapitre II, page 2

 

Du français aux français

 

En bleu, traduction de Môssieur Minou, une espèce de français moderne

 

En rouge, traduction de Chantal Lemaître, une espèce de français contemporain

 

En vert, traduction de Slévich, le français du jour d’aujourd’hui 

(Aïe, ça pique les yeux, miaou !)

 

Première réplique :

 

— Emmi l’officine où l’on apprête brouets et lippées.

Au milieu de l’endroit où l’on prépare à boire et à manger.

Là où l'on se sustente !

Dans la cuisine !

 

Deuxième réplique :

 

— En ce céleste séjour imprimé d’exquises plaisances, mieux ajusté que jamais, l’étoffe exempte de ptyx, sans octant ni boussole ni même GPS, dessous l’effulgence d’Aphrodite, l’âme en proie à moult rêveries d’alcôve, je m’y en venais, ma mie, vous surprendre afin de vous distraire de l’humeur afférente à la corvée professorale et que vous vous adonnassiez à mon obligeance dont la libéralité réclame votre magnanimité quant à la hardiesse, lorsque lui, là, cet étonnement, cette chimère atrabilaire à l’irréalité de la sauvagerie primesautière…

En cette divine résidence imprégnée de plaisirs rares et recherchés, mieux vêtu que jamais, le tissu exempt de pli, sans octant, ni boussole ni même GPS, sous les faveurs de Vénus, l’âme encline à de nombreux rêves érotiques, je venais, très chère, vous chercher à l’improviste afin de vous détourner de l’humeur relative à la corvée professorale et afin que vous cédiez à mes bonnes dispositions dont la générosité implore votre clémence quant à son excès, lorsque lui, là, cette terreur, cette hargneuse chimère à l’irréelle sauvagerie spontanée…

Dans cette maison témoin des plus belles fruitions, tiré à quatre épingles, déambulant sans instrument de navigation, rêvant à Cindy Crawford, prêt à m’abandonner à la luxure, je venais, chérie, vous prendre à l’improviste — dans le sens que vous voulez — (et cela vaut aussi pour la proposition mise en exergue), afin de vous soustraire, pardonnez mon outrecuidance, à la lassitude née de vos obligations professionnelles quand lui, là, cette panthère aussi magnifique que sauvage…

Dans cette maison où nous baisons, sur mon 31, au pif, rêvant de Clara Morgane, des images hardcore plein la tête, j’étais venu te faire un p’tit coucou, bébé, pour que tu oublies ta dure journée dans mes bras. Je sais, tu as toujours envie de moi. Mais, lui, là, ce machin enragé de l’espace…

 

Troisième réplique :

 

— Une abomination, pis un pitbull…

Une horreur, pis un pitbull…

Une calamité, presque pis qu’un pitbull…

Un monstre, pire un pitbull !

 

Quatrième réplique :

 

— Crainte que l’infâme engeance des sorcières me lacérât céans, enrayerais-je subordinément mes pas tant vive que l’ardeur consume la raison ? Cette clef qu’après duplication vous me délivrâtes oncques par estime de moi, pourquoi m’infliger peine de n’en user à mon bel aise ? Parbleu, qui subjugue une bête fauve aux desseins belliqueux ?

De peur que ce méprisable compagnon des sorcières me mît ici en pièce, retiendrais-je, soumis, mes pas alors que la violence de mon désir ronge ma raison ? Ce double de votre clef que vous me remîtes un jour par confiance en moi, pourquoi m’imposer de ne l’utiliser à ma guise ? Pardieu, qui dresse un grand félin à des buts guerriers ?

Me soumettrai-je à la crainte d’être balafrée par l’enfant des sorcières ? M’abstiendrai-je de venir alors que la passion ruine ma raison ? Tu m’as donné le double de ta clé pour sceller notre confiance mutuelle ; — pourquoi ne pourrais-je l’utiliser à mon gré ? Enfin, qui s’acharne à éduquer un chat pour en faire un vigile  ?

Tu crois que je ne vais pas venir quand j’ai envie de te sauter parce que j’ai peur de ta sale bestiole ? Pourquoi tu m’as donné le double de ta clé, alors ? Dingue, qui est-ce qui dresse un matou à l’attaque ?

 

Cinquième réplique

 

— Comment que je dédie opiniâtrément ma surérogation à la sublimité de nos oaristys, c’est barbarement et mêmement le fielleux qui, delà la justice, au deçà de l’entendement, le prud’homme affligé au cœur, récolte illec les hommages lez la cruelle…

De quelque façon que je voue obstinément tout ce qui dépasse le cadre de mes devoirs à l’élévation de nos entretiens amoureux, c’est cruellement et pareillement le méchant, qui, plus loin que la justice, au-delà de la compréhension, l’homme d’honneur frappé au cœur, récolte en cet endroit les bons soins auprès de la dame insensible à l’amour.

Bien que je dédie tout mon temps libre à notre relation, c’est toujours le même serinage injuste et abscons : tu me poignardes le cœur et récompenses le matou. Tu ne m’aimes pas autant que ta bête !

Je me plie en quatre pour te faire jouir et c’est toujours le sac à puces que tu caresses. C’est trop injuste !

 

Sixième réplique :

 

— Tant inouïes que soient les flammes qui chahutent en mon estomac, captives de ma bile, bien qu’elles me gâtent en ultième intercession à l’envi de votre cœur pétré moins perméable à la miséricorde qu’un mackintosh aux lavasses, sans ire, je me hasarde à soupirer, malgré que j’en aie, hardi ! que vos errements tâchent jouxte l’inconséquence à désobliger le bon sens.

Aussi extraordinaires que soient les flammes qui brûlent dans mon estomac, prisonnières de ma mauvaise humeur, bien qu’elles me dévastent en dernière intervention en rivalisant avec votre cœur pierreux qui se laisse moins facilement traverser par la compassion qu’un imperméable par les pluies subites et impétueuses, sans courroux, je me permets de murmurer, contre mon gré, courage ! que votre conduite travaille près de l’inconséquence à desservir le bon sens.

Malgré mes ulcères, malgré la colère qui les nourrit, bien qu’ils me dévastent comme me dévaste ton cœur de pierre plus imperméable à l’empathie qu’un imperméable à la drache, sans colère, je me permets de te signaler que ton comportement irresponsable nuit à la raison.

J’ai mal au ventre tellement tu es bête et insensible. Tu pars en couille, je te le dis avec calme.

 

Septième réplique :

 

— Voire, voire ! Quel venin d’aspic s’insinua en vous par devers votre fiel à l’encontre de mon mignon et moi-même pour que vous vous précipitassiez par ainsi à déblatérer à sus ?

Justement ! c’est tout à fait ça ! Quel commérage s’est-il infiltré en vous par-devant votre animosité contre mon compagnon et moi-même pour que vous vous précipitiez de la sorte à pester contre nous ?

Bien sûr, tu as raison ! Quel ragot attise ta haine contre mon chien et moi pour nous insulter de la sorte ?

C’est ça ! tu n’es qu’une garce de nous traiter de cons, mon chien et moi.

 

Huitième réplique :

 

— Bédieu, inhumaine ! c’est plus que ne peut en souffrir ma bénignité… Point de hi, point de ha, nonobstant, n’épiçons point l’ire, nenni-da ! Palsambleu, vous me brusquez tellement quellement que j’en tombe en pâmoison… De grâce, combien intimément vous idolâtré-je, ma mie, fors ces extrémités en lesquels vous vous complaisez… Ô, quoi qu’il m’en coûte quelque orgueil, dépit que j’en aie, afin d’asphyxier la mèche de la hargnerie, la mesure m’exhorte de vaguer à boucheton d’ici à là, en ces contrées si dépeuplées de votre absence…

Bon Dieu, femme insensible à l’amour ! C’est plus que ma bonté ne peut supporter… Point de souffrance, cependant, n’attisons point le courroux, non et non ! Par le sang de Dieu, vous m’offensez tant bien que mal que j’en défaille… Pitié, combien intimement vous idolâtrai-je, ma chère, hors ces excès d’emportement dans lesquels vous vous complaisez… Et, aux dépens de mon orgueil, quel que soit mon dépit, afin d’éteindre la mèche de la querelle, la modération m’exhorte à aller au hasard, à plat ventre, d’ici à là, en ces pays où vous n’êtes pas….

Mince, salope ! Je ne puis en supporter davantage… Du calme, non, je ne céderai pas à la colère ! Nondidju, ta méchanceté m’ébranle tellement que je me sens défaillir… Je t’en prie, sais-tu combien je t’aime malgré tous tes défauts ? Il est préférable que je mette mon orgueil en poche pour l’instant.  En dépit de mon embarras, le bon sens m’ordonne de fuir en rampant, fuir là-bas, dans un lieu où tu n’es pas, dans un lieu où tu me manques déjà…

Putain ! t’as dépassé les bornes ! tu m’as bien chauffé là. Mais, j’ai pas envie de t’en coller une, non. Vois, tu m’as tellement chauffé à fond que j’ai les jambes qui tremblent. Merde, je t’aime bien pourtant, tu sais. Juste que tu es trop conne. Allez, vaut mieux se calmer, alors je sors, même si je suis en manque.

 

Neuvième réplique :

 

— Je bée, compendieusement, aux succès futurs, l’allégresse rez terre, jà, mais l’espoir large ouvert.

Je rêve, en abrégé, aux succès futurs, l’enthousiasme à ras de terre, certes, mais l’espoir grand ouvert.

Je suis fâché, bref... mais ça va passer. Je reviendrai plus tard : je compte bien conclure.

T’inquiète, je reviendrai toujours assez tôt pour te sauter.

 

 

Le Raminagrobis, Chantal Lemaître, Slévich, La Cabale des Navets, texte sous copyright, tous droits réservés.

 

 

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