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Revenons-en à notre sujet : que signifie RACE ?

Étymologie : le mot apparaît au XVe siècle et est issu de l’italien razza qui signifie sorteespèce, lui-même issu du latin (gene)ratio  qui signifie descendancegénération.

À cette époque, le terme désigne les membres d’une même famille, leur lignée ; il inclut tous les ascendants et descendants. Ainsi aurait-on dit de Chantal qu’elle est de la race des Lemaître, comme on l’aurait dit pour son frère, mais aussi pour ses aïeux et aïeuls ainsi que pour les enfants qu’elle n’aura jamais.

 

Citations :

 

PHÈDRE

Seigneur, je viens à vous pleine d'un juste effroi.

Votre voix redoutable a passé jusqu'à moi.

Je crains qu'un prompt effet n'ait suivi la menace.

S'il en est temps encore, épargnez votre RACE.

Respectez votre sang, j'ose vous en prier.

Sauvez-moi de l'horreur de l'entendre crier.

 

Racine, Phèdre, Acte IV, scène IV.

 

 

Race d’Abel, dors, bois et mange ;

Dieu te sourit complaisamment.

Race de Caïn, dans la fange

Rampe et meurs misérablement.

 

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, CXIX. — Abel et Caïn.

 

Race est aussi synonyme d’extraction, dans son acception vieillie de naissance en relation avec une lignée, une origine précise.

Avec le temps, le mot s’est également affaibli dans le sens unique d’ascendants, comme de descendants.

Il s’est tout autant élargi pour désigner un ensemble de personnes issues d’une même origine. La locution race humaine désigne l’ensemble des hommes, comme la race des immortels, l’ensemble des dieux.

Jusqu’ici, rien de péjoratif.

 

Arrive le XXe siècle où, dans ce désir constant de classification, l’homme utilise race afin de désigner un groupe ethnique particulier qui se différencie des autres par un ensemble spécifique de caractéristiques. Lisons la définition du dictionnaire de l’Académie : Chacun des grands groupes entre lesquels on répartit superficiellement l'espèce humaine d'après les caractères physiques distinctifs qui se sont maintenus ou sont apparus chez les uns et les autres, du fait de leur isolement géographique pendant des périodes prolongées. Un homme de race noire, de race blanche, de race jaune. Le mélange, le métissage des races.

Cette référence souvent mésestimée a le mérite de la précision, sœur de la prudence. Voyez le mot que j’ai souligné : SUPERFICIELLEMENT. Dois-je rappeler que dans ce contexte, cet adverbe signifie : qui, dans l'ordre de la connaissance, ne va pas au fond des choses, qui ne fait qu'effleurer sans approfondir, Le Grand Robert.

J’ai également mis en évidence : 

 

a) du fait de leur isolement géographique : comprenons que la classification race blancherace jaunerace noire a été établie pour désigner la population d’un lieu géographique précis, rien d’autre, une démarche arrangeante qui remonte aux balbutiements de l’anthropologie, à une époque qui ne connaît pas encore la mondialisation d'aujourd'hui !

b) pendant des périodes prolongées : comprenons par là qu'il s’agit d’un temps plus que long à l’échelle humaine et davantage à celle d'un chat ! Certains biologistes précisent qu’un groupe doit rester isolé un nombre de générations équivalant au nombre d’individus qui le composent si nous voulons parler de race. Prenons un exemple ridicule : sur une base de 20 ans pour une génération, 10 personnes doivent vivre dans leur coin pendant 200 cents ans pour prétendre être une autre race. Il y a environ 70 millions d’habitants en France… Faites le calcul… On n’est pas près de voir un jour de race française… Et, en ce siècle, quel peuple peut encore vivre en autarcie ?

 

Malgré le grand nombre d’essais de classification — avec tous les détournements induits —, et ce sous couvert d'agir pour la science (taxinomie), aujourd’hui, anthropologues et biologistes s’accordent pour affirmer que discriminer les hommes selon leurs distinctions physiques n’est pas du tout pertinente. Les singularités physiques comme la couleur épidermique résultent d’une adaptation du corps à l’environnement ; la génétique démontre aujourd'hui qu'il n’y a aucun gène du noir, du jaune ou du blanc. Je ne m’embarquerai pas dans une thèse universitaire où nul ne comprendra rien, mais si vous tenez à en savoir davantage, lisez Albert Jacquard, qui a le mérite d’avoir rédigé des livres de vulgarisation où il démontre que la classification des hommes en matière de race n’a aucune validité scientifique, ouvrages très abordables pour des adolescents, mais apparemment encore trop compliqués pour les politiciens.

Maintenant, je ne comprends pas que l’on veuille supprimer ou interdire ce mot parce qu’il dérange. S’il fallait supprimer ou interdire tout ce qui devient gênant… Et cela n’empêchera pas les hommes de substituer le terme honni par un autre. Notez que se priver de ce mot, c’est aussi se priver de toutes ses connotations historiques, une aubaine pour les négationnistes.

En vérité, quand bien même notre ignorance nous pousserait à accepter la classification des hommes selon la race, le danger ne vient pas de cette classification elle-même, mais de ce que l’on en fait ! Non seulement l’homme éprouve le besoin de catégoriser, de généraliser, mais il éprouve aussi le besoin de hiérarchiser. En matière du vivant, ne peut-il se satisfaire de la différence, ne peut-il se rendre compte que la différence n’implique pas la supériorité des uns et l’infériorité des autres ? Moi, je suis un chat noir, bâtard fruit d’une escapade de ma mère avec un matou errant. Lorsque je rencontre un siamois, en quoi est-il supérieur ou inférieur à moi ? Nous sommes des chats, tous les deux, et si c’est une siamoise, je peux en faire ma compagne et engendrer des rejetons au patrimoine génétique enrichi. Il faut vraiment être homme pour ne pas assimiler voire ressentir d’instinct qu’il n’est qu’un homme parmi les hommes et que les différences physiques ne représentent qu’une illusion de différence. Combien d’histoire de parents blonds aux yeux bleus qui donnent naissance à un bébé noir, de parents africains qui donnent naissance à un bébé blanc, de jumelles qui ne se ressemblent pas jusqu’à la couleur de leur peau… ? La preuve que ces cancres de bipèdes n’ont pas subi d’eugénisme ; qu’ils sont tous de la race des métissés, si je peux m’exprimer de la sorte. Pour un grand nombre de questions humaines, les solutions se trouvent bien souvent dans l’observation et la réflexion exemptes des œillères qu’impose la peur de la différence. Nous, les animaux, sommes bien plus intelligents : bien que les races existent bel et bien en ce qui nous concerne, nous n’éprouvons aucune hostilité contre l’une ou l’autre. Et, pour être dans l’ère du temps, finissons par une citation d’un célèbre Inconnu : « Vous allez finir par vous aimer les uns les autres, bordel de merde ! », Les Inconnus, Jésus II, le Retour.

 

https://www.youtube.com/watch?v=bl_2lDdLesU

 

 

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Tag(s) : #L’Œil du Chat

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