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(Inutille de lire cet article sans avoir lu Le Chapitre I, pages 1 et 2 du Récit)

 

On devient professeur parce qu’on a raté quelque chose. Sa vie, peut-être… Comme le formule si bien Proust : Il faut vraiment être con pour être dans la classe, voir le prof galérer et dire : « Ah, moi, je veux faire ça plus tard ! » À l’évidence, ce n’est pas Marcel, la concision au rendez-vous.

Les universitaires qui finissent par s’accomplir dans un athénée se glorifient sans doute de la vision révélée à l’écriture de leur mémoire : Je suis dénué de génie, j’enseignerai ! Et les régents ? ces merveilleux éducateurs qui ont déniché l’énergie nécessaire des abîmes de l’orgueil par crainte du pis, l’humiliation infernale, la reconversion en instituteur — oui, l’instit, vous savez, cette sotte espèce, incarnation du baby-sitter refoulé, qui, mime du Larousse Jeunesse, introduit des sujets en nombre, mais ne maîtrise rien —, et les régents ? des paons aux souvenirs conciliants, qui ont oublié le double échec cause de leur excommunication des universités tel, autrefois, leur mépris pour les conseillers d’orientation : Vu tes dispositions, évite de gaspiller les économies de tes parents en minerval à plus de 800 euros et rejoins l’Éducation nationale en trois ans.

Soit la référence à Proust était une forme de sarcasme envers le grand écrivain et alors la longueur de la phrase ci-haut, en rouge également, est gratuite et démontre des lacunes stylistiques certaines, soit la référence ne sous-entend aucune moquerie et Chantal s’applique à rendre un hommage plus que maladroit…

 

(…) Ah ! je ne me suis pas présentée. Pour mon aise — un prof répugne à converser d’égal à égal —, projetez-vous derrière un banc d’école, cette sorte de coffee table imitation Pierre Guariche du pauvre.

Il va falloir vous habituer : ma maîtresse est une spécialiste des références douteuses et s’applique à les exhiber, orgueil d’enseignant qu’elle dénonce, mais dont elle ne se passera jamais. Pour information, Pierre Guariche est un ensemblier français contemporain décédé depuis 1995. Chantal en avait entendu parler à la télévision à cette époque précise. Un ensemblier ? Un peu de vocabulaire, voyons : ensemblier = artiste qui s’applique à créer des ensembles décoratifs.

 

(…) Oui, ça en impose, surtout depuis le pénultième Goncourt. Sans surprise, pas un pour demander s’il y a une quelconque filiation ou relever le pédantisme de mon choix lexical…

Il n’y a pas que le choix lexical qui soit pédant !

 

(…) Je m’adapte à l’apathie générale, distends mes lèvres à vouloir en exhiber l’hypocrisie le plus belle. 

Pour ceux qui ont oublié les règles du superlatif relatif, tournez votre patte sept fois autour de vos moustaches avant de crier à la faute.

 

(…) c’est quoi ces Oblomov sous Prozac ? Oblomov, roman d’Ivan Gontcharov qui date de la moitié du XIXème et qui mérite d’être mieux connu, bien que Chantal s’y réfère sans volonté de promotion, juste par snobisme. Certes, il faut être motivé pour lire ce pavé des aventures trépidantes d’un homme qui s’enfonce dans son divan, ou s’appeler Dostoïevski…

Je suis le chat de ma maîtresse ; moi aussi, je m’offre le luxe d’allusions gratuites, mais à un degré nettement supérieur bien sûr.

 

(…) Comprenez-moi : un jour, et béni soit ce jour ! dans la salle des professeurs de l’établissement auquel j’avais été affectée pour un intérim de deux mois, je me suis retournée à droite, puis à gauche et, à la croisée de cette édifiante ménagerie, entre les hyènes à lunettes qui ricanent aux perles pêchées dans les interrogations et les intarissables soufflets à double âme qui geignent : Je déprime, la question salvatrice m’a illuminée tel un rai divin : désirais-je ressembler à un de ces paillassons de l’État, Arlequin des élèves, punching-ball des parents, le raté par excellence, celui-là qui, hué par la foule, œuvre à grandir l’Humanité équipé, pour tout arsenal, d’une craie au blanc moucheté, d’une triple ardoise verdâtre et d’une éponge jaune pipi, symboles respectifs de la pureté, de l’espérance et de la richesse plus décolorés que les aspirations de l’Union africaine ?

Encore une phrase à rallonge. Elle n’a pas compris que l’époque apprécie les phrases courtes, nettes, tranchantes, si on peut encore appeler ça des phrases. Et pourquoi les clowns à droite et les dépressifs à gauche ? Allusion politique ? Si on se retourne…

 

(…) J’utilise le bon mot au bon endroit, sans simulacre : Tirer une liqueur, un suc avec les lèvres et à l'aide de l'aspiration.  Littré : il n’y a pas plus vieux encore comme dictionnaire ? C’est bien un prof, à toujours prendre les références qui les arrangent…

 

Darwin c’est bien, mais d’une lenteur... D’un côté, en Belgique, réjouissons-nous d’avoir dépénalisé l’euthanasie… C’est la même qui traite les humoristes de têtes à claques décervelées

 

(…) J’ai vécu, peut-être trop… Moi aussi, j’ai souffert de ma naïveté, moi aussi, je me suis payée d’illusions ; combien ai-je vénéré la maïeutique, le constructivisme, le cognitivisme, le behaviorisme ? J’ai prôné Rousseau, encensé Dolto, adoré Vygotsky, Doise and family. Bannissons le rapport de force ou d’autorité, créons des liens d’échanges mutuels, et gnagnagna et gnagnagni 

Une énumération superfétatoire qui ne parlera jamais qu’à un enseignant, et encore, vu le niveau actuel…

 

Dis-moi, mon cher Bisounours, ça te conviendrait aussi un petit doigt dans le cul ?

Quand je vous dis que ses références sont douteuses… Passer d’Oblomov aux Bisounours, un drôle de grand écart culturel. Je ne relèverai pas la vulgarité de la phrase. Affligeant ! 

 

Les Gloses du Raminagrobis.

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